| Les lésions rhumatoïdes de l'épaule |
|
|
Comme au niveau des autres articulations, tout commence par la SYNOVITE RHUMATOIDE. Lorsqu’elle n’est pas contrôlée par le traitement médical, cette synovite évolue par poussées, et progressivement abime les surfaces articulaires, les ligaments et les muscles péri-articulaires. Au niveau de l’épaule la tendance "naturelle" de la déformation se fait vers : - la résorption osseuse notamment du côté de l’omoplate, - ’ascension de la tête de l’humérus. Cette ascension entraîne un laminage des muscles de la coiffe des rotateurs qui sont pris en "sandwich" entre l’humérus et l’acromion. |
Les conséquences:
Au moment des poussées de synovite la douleur gène la mobilité et empêche parfois de dormir.Si la synovite n’est pas contrôlée l’évolution va se faire progressivement vers l’enraidissement et la perte de mobilité. Au maximum c’est "l’épaule gelée" obligeant à une usure prématurée du coude et du poignet par compensation.
Surtout il ne faut pas laisser la synovite détruire les structures vitales de l’épaule : le stock osseux de l’omoplate et la coiffe des rotateurs.
Dès que l’humérus commence à monter la détérioration devient rapide et irreversible.
Les traitements :
Il y a bien sur 3 types de traitements qui sont complémentaires : le traitement médical, la rééducation, la chirurgie.
Le traitement médical :
C’est le traitement de fond et les anti-inflammatoires qui s’attaquent à la synovite, d’une façon générale et les infiltrations ou synoviorthèses qui agissent localement.
La rééducation :
Elle est essentielle pour lutter contre la raideur. Le kinésithérapeute doit vous apprendre des exercices de mobilisation passive.
La chirurgie :
C’est le remplacement des surfaces articulaires par une prothèse. Comme au niveau de la hanche la pièce humérale est en métal, et la pièce glénoidienne en poly- ethylène.
Ces deux pièces sont scellées dans l’os avec du ciment.
L’épaule est ainsi stabilisée ce qui protège les muscles de la coiffe.
Quand faut-il opérer?
L’indication opératoire doit être discutée lorsque l’épaule reste douloureuse malgré le traitement médical, les infiltrations et la rééducation. Il ne faut pas opérer avant d’avoir tout essayé sur le plan médical. Il ne faut pas trop attendre non plus car le pronostic sera bien meilleur si il n’y a pas trop d’usure osseuse et si les muscles de la coiffe sont intacts.Au stade tardif lorsque l’humérus est ascensioné ou si la glène est très usée, il n’est pas possible de remplacer les 2 surfaces et les résultats sont 6 ans.
Quels résultats en attendre?
|
|
Les complications sont celles de toute chirurgie orthopédique sous anesthésie générale. L’infection est la plus redoutable, elle est très rare (<1%), dans tous les cas l’indication opératoire est posée en fonction de l’atteinte relative des autres articulations. Le descellement est une complication à long terme qui peut conduire à remettre en place une autre prothèse, le plus souvent après une dizaine d’années d’évolution. En dehors des complications, la prothèse totale d’épaule donne d’excellents résultats sur la douleur. La mobilité est fonction de l’état des muscles en pré-opératoire et de la qualité de la rééducation. |