congrès
de la Société Française de Chirurgie de la Main, à Paris en décembre 1997.
Le rôle primordial de la main est de traduire et d'exécuter des
données cérébrales, mais la main subit de nombreuses agressions dont la gravité et le
pronostic ne peuvent être appréciés que par un spécialiste. Pour la main, attachée à
une consonance relationnelle, artistique, créatrice, tout comme le cur ou le
cerveau, le grand public réclame des soins de haut niveau et s'enquiert des règles de
l'art. Parler d'Unités de chirurgie de la main, c'est déjà admettre la réalité d'une
certaine notion de mesure des soins ou la connaissance d'une sorte de
"granulométrie" d'évaluation des coûts de santé concernant une partie du
corps.
Comment peut-on connaître la réalité de cette chirurgie et quelle
perspective peut-on proposer ?
La France, pays dirigé depuis plusieurs siècles par une
Administration centralisatrice, n'est pas en mesure, à ce jour, de connaître le contenu
de ce groupe de dépenses de santé; pourtant, les activités de santé sont conduites
sous la tutelle de l'État avec les organismes de financement - les producteurs de soins -
les usagers de ces soins. Ces trois types d'acteurs interfèrent dans un choix de
protection sociale caractérisée par une couverture financière quasi universelle
collective qui respecte la liberté de choix des malades et la liberté de prescription
des médecins, mais ce choix n'est pas associé à une vraie gestion d'entreprise
puisqu'on ne
recherche pas systématiquement la production au meilleur coût, ni à
soigner plus avec la même enveloppe financière. Le mode de rémunération des acteurs
est différent en fonction de l'appartenance au secteur public ou privé; par contre, le
consommateur accède librement à ces deux secteurs.
Le paysage sanitaire administratif de la France comprend 22 régions
avec une direction d'Agence Régionale d'Hospitalisation (ARH), 16 Caisses Régionales
d'Assurance Maladie (CRAM) où se coordonnent la politique et les actions des trois
régimes d'assurance maladie ainsi que le suivi de la prévention; il existe 129 Caisses
Primaires d'Assurance Maladie (CPAM) et plusieurs centaines de centres de traitement de
remboursement (mutualistes ou corporatistes). Le Schéma Régional d'Organisation
Sanitaire (SROS) sera modifié par celui dit "de la 2e génération" fin 1998
et, progressivement, le plan Juppé des ordonnances du 24 avril 1996 mettra en place de
nouvelles règles d'exercice et de planification sanitaire avec, en particulier,
l'accréditation et les contrats d ' objectif, et ce dès avril 2001.
Les décrets du
mai 1997 sur les urgences vont modifier les modalités d'accueil et de traitement
des blessés. Ces textes vont améliorer la prise en charge des urgences vitales, car ils
leur sont adaptés; par contre, pour les urgences fonctionnelles et en particulier celles
des blessés de la main, la réglementation va aggraver l'encombrement des sites d'accueil
et, par là, créer des difficultés sur le terrain pour les acteurs de soins et les
consommateurs.
Voici dressé le décor avec lequel nous allons bâtir notre enquête.
Vous lirez la complexité de la collecte des chiffres; il est évident
que notre système de santé devra, pour survivre, clarifier la teneur de ce qui est fait
et mieux gérer. Pour garder le professionnalisme des acteurs de santé et contenter les
usagers de soins, il faudra "tracer les soins", et s'appuyer sur d es données
objectives et exhaustives, afin d'harmoniser le coût de la demande et celui des
résultats; l'étude épidémiologique synthétique de la traumatologie de la main
pourrait être un modèle unitaire de la problématique de santé publique.
Je remercie tous ceux qui nous ont aidés à réaliser ce travail, à
savoir les fonctionnaires responsables interrogés et les différents collègues qui ont
pris le temps de m'aider.
Ce travail est une prise de conscience et un signal d'alarme à
l'adresse de l'État et des différents acteurs.