| Aperçu des
activités de chirurgie orthopédique et traumatologique au travers des activités
anesthésiques (enquête SFAR1 1996) M.C. LAXENAIRE*, Y. AUROY**, F. PÉQUIGNOT***, F. CLERGUE**** * CHU Hôpital Central, Nancy
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1. Société Franc,aise d'Anesthésie et de Réanimation, 74, rue Raynouard, 75016 Paris. * Professeur d'Anesthésie-Réanimation, Département d'Anesthésiologie, CHU Hôpital Central, 54035 Nancy cedex. ** Praticien d'Anesthésie-Réanimation, Hôpital Militaire Percy, 92141
Clamart cedex.
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Lors de la mise en place du décret n° 94-1050 du 5 décembre 1994 sur la sécurité anesthésique [12], la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation (SFAR) a souhaité réaliser avec précision une évaluation quantitative de la pratique anesthésique en France. C'est en effet un préalable indispensable à toute étude ultérieure sur la morbidité/mortalité en rapport avec l'anesthésie. Cette évaluation quantitative était d'autant plus justifiée que depuis 1980, date de l'enquête INSERM sur l'anesthésie [14], il n'existait pas de données actualisées complètes sur ce point, officielles ou professionnelles. Pendant l'année 1996, la SFAR a donc mené, avec le soutien des syndicats professionnels et l'aide méthodologique et technique de 1'INSERM (SC8SC25), une enquête dans tous les établissements français où sont pratiquées des anesthésies (enquête intitulée " trois jours d'anesthésie en France "). Les objectifs de cette enquête étaient de connaître le nombre annuel d'anesthésies, les techniques, les conditions de réalisation (urgence, ambulatoire, moment dans la journée, durée), pour quels actes, pour quels patients, avec quelle pratique transfusionnelle... afin de comparer ces chiffres aux données de 1980. Pour que les résultats de l'enquête soient valables, il fallait que les 1 583 établissements français (métropole et DOMTOM) où sont pratiquées des anesthésies participent. Les anesthésistes-réanimateurs de chaque établissement devaient consigner, pendant 3 jours consécutifs tirés au sort, toute leur activité anesthésique en utilisant une fiche de recueil de données pour chaque patient anesthésié (cf. annexe 1).Grâce à une parfaite campagne nationale d'information, et une motivation exceptionnelle de tous les anesthésistes-réanimateurs, le taux de participation a été de 98 % (100 % CHU et PSPH, 99 % CHG, 97% cliniques privées) et a permis de recueillir un échantillon de 62415 fiches, représentatif des activités nationales. Une procédure de vérification des fiches a posteriori a été réalisée dans 5 % des établissements tirés au sort. Elle a consisté à aller comparer, sur le terrain, les fiches transmises avec les données des cahiers opératoires. Le faible taux de données manquantes (2'\o) a confirmé que les variables relevées étaient correctes et autorisaient l'extrapolation à l'échelle nationale [16].Les résultats ont montré qu'en 15 ans, le nombre d'anesthésies a plus que doublé, passant de 3 600 000 +/- 240000 en 1980 à 7 937 000 +/- 387000 en 1996. Tous les types d'établissements ont augmenté leurs activités, mais cette progression est plus forte dans le secteur privé qui réalise 58 % des actes. L'anesthésie pour des actes chirurgicaux ne représente désormais que 70% des activités anesthésiques (= 5879000 interventions chirurgicales), alors qu'elle représentait 90 % en 1980 (= 3 240 000). |
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Figure 1 |
La chirurgie
orthopédique et traumatologique (COT) réalisée sous anesthésie générale ou
locorégionale correspond actuellement à 26% de l'activité chirurgicale, toutes
spécialités confondues (Figure 1). C'est la spécialité chirurgicale la plus pratiquée
en France, équivalant à 1450000 interventions chirurgicales nécessitant la présence
d'un anesthésiste- réanimateur. Cette activité a doublé en 15 ans, puisqu'en 1980 elle
ne représentait que 650000 actes [14]. Il faut signaler que, pour toutes les
spécialités chirurgicales, le nombre d'actes a augmenté depuis 1980, à l'exception de
la chirurgie digestive qui s'est maintenue aux alentours de 700 000 interventions par an
[14-16]. |
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2. Risque anesthésique selon la classification de l'American Society
of Anesthesiologists (ASA): |
Quant au risque anesthésique2, il est moins élevé pour les
patients opérés de COT du membre supérieur que du membre inférieur: 70 % sont en effet
de classe ASA 1, 25 % sont ASA 2 pour le membre supérieur, alors que pour le membre
inférieur 50 % sont ASA 1, 33 % ASA 2 et 13 % ASA 3. Comparés à l'ensemble de la
population française anesthésiée en 1996, les patients opérés d'une COT du membre
supérieur sont en moyenne à plus faible risque anesthésique: en effets 70% ont été
classés ASA 1 contre 59 % de l'ensemble des Français anesthésiés, et 25% étaient ASA
2 contre 29% de l'ensemble des Français. Ce moindre risque pour les patients de COT du
membre supérieur tient au fait que les pathologies opérées (fractures, accidents du
travail...) sont l'apanage de sujets plus jeunes que ceux opérés de pathologies
arthrosiques du membre inférieur où des facteurs tiers viennent grever la morbidité et
mortalité anesthésiques. |
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Figure 3 |
La durée des anesthésies, donc des interventions chirurgicales, est moindre pour la COT du membre supérieur que pour celle du membre inférieur (Figure 3). Ainsi 41 % de la chirurgie du membre supérieur durent moins de I h, 30 % moins de 2 h, alors que pour la chirurgie du membre inférieur 39 % durent moins de 2 h et 19 % moins de 3 h. Conclusion Bien que les objectifs de l'enquête SFAR n'étaient pas ciblés sur les activités chirurgicales, la connaissance des pratiques anesthésiques a permis de cerner les activités nécessitant la présence d'un anesthésiste-réanimateur. La codification plus précise des actes chirurgicaux dont les intitulés ont été notifiés par les anesthésistes-réanimateurs sur les fiches de saisie, pourrait être réalisée dans un temps ultérieur et devrait permettre d'affiner les données actuellement disponibles. Quoi qu'il en soit, il apparaît que la chirurgie orthopédique et traumatologique représente actuellement la principale discipline chirurgicale, équivalant à plus du quart de tous les actes de chirurgie. Ce chiffre est d'ailleurs probablement sous-estimé puisque les interventions réalisées en dehors de la présence d'un anesthésisteréanimateur n'ont pas été répertoriées. Presque 40 % de la chirurgie orthopédique et traumatologique correspondent à des interventions sur le membre supérieur (épaule exclue) où la chirurgie de la main tient une place certainement supérieure à celle relevée dans l'enquête INSERM de 1980. Les procédures chirurgicales du membre supérieur sont plus volontiers pratiquées sur le mode ambulatoire que le reste de la chirurgie, et l'utilisation des anesthésies locorégionales s'est considérablement accrue. Dans la mesure où 70% des interventions durent moins de 2 h, qu'elles touchent majoritairement des patients à faible risque anesthésique et qu'elles sont de plus en plus souvent réalisées sous anesthésie locorégionale plexiques ou tronculaires, la pratique ambulatoire de ces procédures devrait prendre un essor particulier.
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